La résilience

« Les chemins bourbeux rendent plus désirables l’aube spirituelle

 et plus tenace l’exigence d’un idéal »

Baudelaire

 

 

 

 Si tous les artistes ne sont pas tous des enfants blessés, les enfants blessés quant à eux, deviennent souvent des artistes. Entre la contrainte intérieure qui les pousse à parler et la contrainte extérieure qui les oblige à se taire, les âmes altérées découvrent souvent que la créativité devient leur meilleur (souvent leur seul) moyen d’expression, c’est un peu ce qu’a exprimé Boris Cyrulnik dans son livre intitulé « Un merveilleux malheur » qui traite de la résilience.

 

 Au moment de la blessure, l’enfant abattu rêvait : « un jour je m’en sortirai…un jour je leur montrerai…un jour ils m’aimeront »  et le plaisir du rêve, en se mêlant à la douleur du réel, permettait de la supporter (John Bradshaw).

 

 Devenus adultes, les enfants résilients ont à choisir entre trois attitudes. Raconter leur histoire, ce qui risque de bouleverser leurs enfants. Autre attitude possible : se taire et alors priver leurs enfants d’une partie de soi ou troisième solution qui est la plus efficace et la moins douloureuse pour tous, je crois: le détour par l’imagination, la poésie, la peinture, la musique, etc.  Les enfants blessés sont contraints à l’art. Ils sont obligés de dire joliment les choses, car s’ils le disent crûment, cela ne fera qu’aggraver la honte qu’ils portent en eux-mêmes pour avoir été vulnérable.   Mais qu’arrive-t-il à ces enfants lorsque devenu grands, ont les prive encore ou pire on les contraint à ne pouvoir trouver refuge dans leur monde intérieur? Que leur reste-il pour survivre alors que cette part d’eux, se désespèrent de vivre ? Car ces êtres ont une soif désespérée de savoir un peu plus, de connaître davantage et surtout de comprendre ainsi que ce besoin désespéré d’être compris.

 

 Personnellement, l’écriture, la poésie, la lecture, la musique, L’art a toujours été bien plus qu’un refuge mais plutôt une drogue indispensable (qui ne peut faire de mal ni physique ni mental à personne, pas plus qu’à moi) mais qui a su parvenir à l’inimaginable…sauver une âme de plus.

 

ELENA MARTINEZ

auteure et poète

DES MOTS EN CADEAU

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